Une soirée à Shibuya

Ce soir on est vendredi, et tenez-vous bien : c’est soirée ! Hier c’était mon anniversaire et ce soir je sors avec deux de mes amies faire la fête à Tokyo. Oui, on a passé une semaine épuisante, et ce soir on va se lâcher c’est sûr.

Nous sommes folles. Genre, folles folles folles. Vous voyez la fin du Bac, la fin des partiels, la fin des contrôles des verbes irréguliers en allemand ? Ben là c’est la fin d’une semaine sacrément chargée et en cours, en visites et en émotions. Le début d’une soirée de folie donc !

Premier acte, nous allons nous la jouer dans des Purikuras à Harajuku. Des cabines photos où on se prend en photos entre amies. Vraiment impossible à rater les Purikuras : la peau lisse sans défauts, des cheveux à la texture retravaillée, de grands yeux de poupées. Même si vous venez de vous faire rouler dessus par un camion poubelle vous serez quand même KAWAIIIIIII (mignons). Nous pour la peine on se maquille comme des camions volés pour accentuer l’effet. Ca se voit à peine sur les photos. Échec.

On se débarbouille vite fait au milieu d’un troupeau de japonaises en train de se recoiffer pour se prendre en photos, et on court se faire un Karaoké toujours à Harajuku. Bon un conseil pour le karaoké : prenez avec vous une amie qui sait chanter histoire d’avoir au moins quelqu’un qui vous montre le rythme. On s’est retrouvées comme des buses devant des écrans tactiles et un gros home cinéma dans une petite pièce insonorisée rien que pour nous pour moins de 10€ par personne (et un milk shake, miam). Je dis comme des buses parce qu’avant d’arriver à allumer la bête on a eu du mal. C’est là qu’intervient l’amie qui sait chanter. Parce que le Karaoké… c’est la musique sans le chanteur derrière. Dur dur de trouver le rythme tout seul ! Mais qu’on sache chanter ou non, c’est vraiment génial. Un défouloir un vrai. Nous on chante AC/DC à fond les ballons, on braille I Will Survive et on massacre quelques chansons coréennes ou japonaises au passage. Loin de nous défouler ça nous donne encore plus d’énergie. Il n’est même pas 19 heures. Nous nous mettons en quête d’un lieu de soirées et nous jetons notre dévolu sur le quartier animé de Shibuya.

Aah Shibuya un vendredi soir c’est quelque chose ! Il y a du monde partout autour de nous. Des jeunes, des vieux, des étudiants, des business men et women. Partout autour de nous la foule, les milles et unes couleurs des publicités environnantes. Tokyo nous dévoile ce soir une nouvelle facette d’elle. Nous déambulons, bruyantes et heureuses au milieu de cette foule bien organisée que forment les Tokyoïtes. On se met à raconter n’importe quoi en japonais. Les gens autour de nous se marrent en nous voyant débouler devant eux comme trois diables sortant de leurs boites. Mais… qu’est-ce que c’est difficile de trouver un bar comme on en a l’habitude en France pour passer une soirée ! Des restaurants tous les 10 mètres, des cafés biens sages, des fasts foods, mais où sont les lieux animés ? Où vont donc les jeunes ? Nous nous mettons à errer comme trois pauvres âmes en peine au milieu de Shibuya, suivant la foule en espérant qu’elle nous mène à quelque lieu de fête. Et puis par pur hasard nous tombons sur un gros troupeau de jeunes. Ils ont l’air de faire la queue pour je ne sais quoi. Héhé nous voilà enfin sur une piste.

Mon amie hèle un groupe de jeunes qui est un peu à part de la foule pour leur demander ce qu’ils fabriquent ici. (Imaginez ça en mode Franponnais : du japonais made in France). Alors tenez-vous bien, il est 21h et la fête à laquelle les jeunes qui sont là viennent de participer est finie. Peut-être bien, mais on a enfin trouvé des jeunes et on va pas les lâcher de sitôt. Il se trouve qu’on est tombées sur un groupe de 3 étudiants en première année en école de commerce à Tokyo, qui ont tous les trois 19 ans et qui apprennent le français. Oh ben ça alors nous aussi, et on apprend le japonais ! On quémande un verre, et on se fait inviter illico dans un pub irlandais (ils ont eu besoin d’un GPS pour le trouver, comme quoi il faut connaitre pour trouver un bon bar à Shibuya). Nos trois japonais sont vraiment supers sympas, le temps du trajet et nous voilà déjà amis. On passe une soirée vraiment excellente, 100% franponais, complètement déjantée. Dans le pub on met une ambiance de vendredi soir à la française : loin loin du calme habituel des japonais je vous l’assure. D’ailleurs petit à petit d’autre japonais viennent de greffer au groupe que nous formons. Personne ne se connait, mais trois françaises ça donne envie de venir discuter. Je ne crois pas qu’on ait passé une minute sans rire. Vraiment. Le problème des grandes villes c’est les derniers trains, qu’il ne faut pas manquer… histoire de ne pas se retrouver à la rue. Gentlemen, nos trois nouveaux tomodachis surveillent l’heure et nous accompagnent jusqu’à notre dernier métro.

(Moches, fatigués, mais heureux)

(Moches, fatigués, mais heureux)

Ultime fanfaronnade au moment de se dire aurevoir, un petit vent de malice souffle entre les françaises. Nous osons faire une bise à nos japonais avant de nous engouffrer dans le métro. Laissant derrière nous trois bonhommes, choqués mais ravis de cet adieu si peu banal pour eux et si normal pour nous. Aah une telle soirée valait bien un petit bisou !

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